Q6673

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  • Metadaten: Item:Q6673
  • Dokument Leithandschrift: Schwedenkiste Band 13, Dokument SK13-102
  • Standort: GStA PK, Freimaurer, 5.2. G 39 JL. Ernst zum Kompaß, Gotha, Nr. 111. Schwedenkiste. Abhandlungen und Geschichte, v.a. Illuminatenorden, 1757-1784
  • Titel: "Memoire pour augmenter les plantations de Muriers dans les Provinces de Languedoc, Provence et Dauphiné par l'Etablisssement des Pepinieres dans les Communautes"
  • Autor: nicht identifiziert.
  • Datierung: Die Denkschrift wurde gemeinsam mit einer weiteren französischen (der in SK19-129 überlieferten "Maniere de faire le Cidre en Normandie") als Manuskript von Johann Joachim Christoph Bode (Aemilius) an den Gothaer Minervalmagistrat geschickt, um dort arichiviert zu werden, siehe 1784-11-29 Magistratsversammlung Gotha‎.
  • Bearbeiter: Olaf Simons / Markus Meumann

Commentary

Aufsatz/Denkschrift über die Beförderung des Anbaus von Maulbeerbäumen in Südfrankreich zwecks Beförderung der Seidenproduktion.

Dieses Mémoire wurde von Bode zur Archivierung nach Gotha geschickt, zusammen mit einem weiteren zur Herstellung von Cidre, vgl. dazu das Protokoll der MK Gotha vom 1784-11-29. Letzteres trägt den Titel „Maniere de faire le Cidre en Normandie“ und findet sich in SK19-129 (undatiert).

Frage: Wer ist der Verfasser des Textes, und warum wird dieser archiviert?

Transcript


Handschriftlicher Vermerk am oberen Rand in Bodes Handschrift:
« Destiné pour les archives de l’ordre à Syracuse par le fr[ère] Aemil. »



La france possede un Tresor capable de faire la
fortune de Ses Habitans: Il est connu depuis
long temps, mais ce n’est que depuis peu que les
françois par une industrie admirable et feconde
en tirent des grands avantages. Le Roi et le
Ministere s’appliquent constamment à les ac-
croitre. Aussi cet objet est il devenû un des plus
essentiel [!] et des plus importans du Roiaume,
(c’est la Soie). Il semble que l’Etat n’ait plus
rien à desirer. Sur cette partie la consummation
qui s‘y en fait est immense, tout est soie depuis
environ vingt années; L’art et l’industrie ont
travaillé avec des Succès etonnant [!] à lui donner tou-
tes sortes de forme. Les Manufactures de toutes
les especes se sont multiplieés à l’infini et les
ouvrages qui en sortent sont à un tel degré de beau-
té et de perfection, que l’etranger forcé de nous
admirer repand ses Especes à pleines mains pour
en avoir. Que manquet’il donc? La Matiere, L’
oeconomie, des Sommes immenses qui passent en
Espagne, en Piedmont et dans le Milanois pour
s’en procurer. Objecteroit’on? Que quand nous |<2>
abonderions en Soie, les qualités nous manqueroient
toujours? Non sans doute, puisqu’on est parvenu
aisement à filer des organsins[1] aussi parfait que
tous ceux de Turin et de Milan, et que nos trames
sonts bien au dessus de celle [!] d’Espagne.

Ces Principes posés cherchons cette matiere qui nous
manque, non seulement pour alimenter nos manu-
factures, mais pour les etendre, et les multiplier.

Elle est dans notre propre fonds, et l’objet
de ce Memoire est d’etablir les moiens de se passer
des Soies Etrangeres en portant l’augementation de
celles du Roiaume à une quantité plus que suffisan-
te à nôtre Consommation, et capable de fournir
aux progrès des Etablissements.

Ces moiens sont biens simples: C’est de planter des
Muriers; mais dira t’on la Provence, le Languedoc
et le Dauphiné sont couvert de cette espece d’arbres
et l’emulation est generale dans ces Provinces, à
raison de leur interêt pour les y multiplier, et si
le Murier n’est pas plus generalement repandu
c’est qu’il ne reüssiroit pas dans un Climat moins
doux et moins temperé.

Voici les observations qu’on a faites à ces egards.
On a remarqué qu’on connoit dans quelques parties
de ces Provinces tout le Prix de cet arbre, que com
me il est d’un grand Rapport, on s’est attaché de
puis plusieurs année à en planter beaucoup, et
c’est de là que nous viennent Presque toutes les soies|<3>
don’t nous sommes en possession, mais on n’a pas
planté la moitié des arbres que trouveroient place
dans ce merveilleux Terroir: Les meilleurs centres
sont vuides, ceux qui sont plantés, le sont impar
faitement, quel dommage! On voici la raison,
la Plante se vend trop cher, parcequ’elle est trop rare.

Des Particuliers adroits et interessés ont elevé
des Pepinieres et ont mis un prix Excessif à la Plan-
te, jusu’á vingt cinq sols le pied d’arbre, or un
Paisan un metayer, le maitre même du Domaine
se trouvent rebutés d’Omploier une grosse somme d’
argent pour une plantation nombreuse don’t la
façon coute d’ailleurs considerablement.

On veut même qu’il se trouve des Gens à faire
cette Depense, qu’arrivet’il? c’est que dans une
Plantation, tous les arbres ne reüssissent pas,
le mauvais cependant n’a pas moins couté que
le bon à acheter et à façonner, il est en place, on
le laisse; c’est ainsi qu’on voit un grand tiers
des Muriers dans ces Provinces ne rien produire
en occupant un precieux terrain.

Comment faire? Il est un expedient unique, une
ressource infaillible, victorieuse de ces Inconvenients
et qui ne laisse rien à desirer.

Il seroit à propos que le Roi engageat chaque Com
munauté à établir dans son fonds une pepiniere
commune proportionellement nombreuse à l’
etendue des Domaines de Sa Dependance: chaque
Habitant concourroit à l’entretien de cette Pepiniere, |<4>
d’ou chacun tireroit une quantité de Plante sui-
vant le Repartition que en seroit faitte, celui qui
a dix arpens de possession, en planteroit une fois
autant que celui qui n’en a que cinq, et cette Pepi-
niere seroit perpetuée en semant d’un coté tandis qu‘
on arracheroit de l’autre.

Le Metayer aiant ainsi sous sa main un arbre
qui ne Lui coute rien, trouveroit mille places où
l’emploier, chacun à l’envoi en couvriroit son champ,
et l’on ne verroit plus d’arbres cadavreus, inuti-
les est sans rapport.

Cette Plante d’ailleurs qu’on trouveroit comme dans
Son Domaine, n’auroit pas l’incconvenient de cette
elevée dans un Terrain gras, et avaisonné, tel qu’
est celui qu’on prepare à l’Education des Pepinieres
pour avoir un murier bientôt avenu, et s’en proue
ver un profit, plus prompt ; celui est peu propre
à etre emplacé dans les Terrains de moindre bonté
et transplanter dans un champ Etranger, languit
et ne fait aucun progrès ; au lieu qu’une arbre
tiré d’une Pepiniere locale et d’un même Territoire,
ne meconnoitroit pas sa transplantation, et
reüssiroit infailliblement.

Ce projet dont l’utilité et l’importance sont de
montrées n’est susceptible d’aucune difficulté
à quelque egard que ce puisse etre.
Les frais de faire une Pepiniere et de l’entre-
tenir, se reduisent à destiner quelques arpents de
Terres, dans lesquels deux ouvriers suffiront à plan|<5>
ter ce qu’on appelle la Pourette, à la conduire, à la
soigner. Cette Pourette est le Murier dans sa Nais-
sance qui est produit par la Mure ou le fruit qu’
on a semé, et ne coute presque rien, dix mille pieds
de Pourette ne valent pas deux Pistoles.

Quelles objections pourront faire les communau-
tés si ce n’est qu’on cherche à les rendre plus riches?
Elles m’en feront aucune, et delibreront avec plai-
sir sur les avantages et les moiens d’un Etablisse-
ment de cette consequence qui les reveille sur leurs
propres Interêts et produit l’augmentation de leur
fortune.

On presume même que ce Plan sera reçû si favora-
blement dans l’Assemblée des Communautés que les
Habitans voudront avoir chacun dans leur propre
Domaine un quarré de Pepiniere, pour entrer en-
core mieux dans les vues de l’Etat, et embrasser de
plus près Leurs Interêts ; et non seulement ils doi-
vent avoir l’option, mais la preference doit etre
donnée à cette forme d’Etablissement sur la proposée,
et vraisemblablement ce sera celle sous laquelle on
se rangera generalement et de soi même. Il y
a déjà une quantité de Domaines qui ont leur
Pepiniere, et cet Etablissement n’est pas Etranger,
mais il n’est pas assés general, et c’est de là que
depend cette Plantation nombreuse que l’Etat doit
souhaiter et occasioner.

C’est en faisant de cet objet l’affaire des communau-
tés qu’on verra les Particuliers vouloir de gré en |<6>
faire leur affaire propre, et les Succès iront ainsi
au delà de ce que l’Etat desire.

On se borne d’abord à proposer d’ordonner ces Etablis-
sements de Pepinieres dans les Provinces de Langue-
doc, Provence et Dauphiné, on donnera dans les Suit-
tes un mémoire pour demontrer qu’on peut par-
venir à faire reussir les Plantations de Muriers, et
à elever des vers à Soie, dans plusieurs Provinces,
ou l’on est generalement dans le Prejugé que cela
est impossible, on proposera les experiences pour
conviction.

Il est en Languedoc, Province la plus nombreuse en
Muriers, des Dioceses où l’on a tellement negligé
cet objet, qu’à peine le connoit-on, celui de Mont-
pellier qui seroit si propre aux Plantations ne
produit que fort peu de Soie, tandis que celui d’Alay
qui comprend une parte des Sevennes, Pais monta-
gneux et arride, et moins propre par consequent
aux Plantations, rend quinze cent mille levre par
an dans ce seul effet ; C’est de ce Diocese qu’on rap-
porte ici quelque traits à l’avantage des planta-
tions et à l’honneur des Habitans, capables de
donner de l’Emulation à tous les autres. Quelle
Merveille ! d’y voir les Coteaux et les monta-
gnes escarpées, plantées de Muriers qui sont les
plus beaux du monde, tandis qu’on laisse ailleurs
le terrain les plus heureux et le plus propre sans
y en emploier un seul qu’on apprenne qu’il y
a des Muriers dans le Territoir d’Alaix dont on |<7>
a vendû la feuille d’une année et d’un seul pied d’
arbre cent cinquante Livres extraordinairement,
mais il est ordinaire d’y trouver des Muriers qui
raportent deux ou trois pistoles de rente, et le prix
commun et presque regulier, est quatre Livres le
cent pesant de feuille. qui produit ce miracle ? Le
travail et l’Industrie. Aussi les Habitans de Se-
vennes sont tellement en Reputation pour cette par-
tie là, qu’on les appelle de toutes parts pour les Plan-
tations, Elever les vers à Soie et filer les cocons. Les
Nouveaux Etablissements dans le haut Languedoc
justifient ce fait.

Il est d’une grande consequence qu’on s’applique à
planter particulierement dans ces trois Provinces de-
nommées où le Murier reüssit si bien.

On est convaincû d’avoir si parfaitement demontré
les moiens d’y parvenir qu’on ne craint pas d’avan-
cer que dans dix ans, Le Languedoc, La Provence et
le Duaphiné donneront surabondamment les Soies
qu’il sera possible d’emploier, même en multipli-
ant nos manufactures. Les Sommes immenses
qui passent à Turin, à Milan et en Espagne res-
teront dans le Roiaume, et nous aurons encore
une grande quantité des Soies à vendre en crû à
l’Etranger.

Il est necessaire que Sa Majté nomme un Inspec-
teur intelligent et capable, auquel Elle confiera
le soin d’aller faire ces Etablissements dans ces
trois Provinces, aidé et protegé de Mrs. les Intendants|<8>
qui donneront leurs ordres à cet Egard. Cet In-
specteur examinera dans chaque Paroisse le lieu
le plus convenable et les plus propre à placer la
Pepiniere commune, comme il le fixera, il en
determinera l’etendue necessaire de concert avec
les Subdelegués ou les Consuls.

Et dans le cas où les Particuliers voudront eta-
blir eux même une Pepiniere dans leur fond propre,
le Greffier Consulaire reçevra Leur Soumission, dans
laquelle sera stipulée la contenance du terrain qui
aura eté designée par l’Inspecteur, qui tiendra
un Etat semblable à celui des Communautés et ren-
dra compte à Mrs. les Intendants de tout ce qui
concernera cette partie.

Comme cet Inspecteur doit etre versé non seule-
ment dans la partie des Plantations, mais dans
tout ce qui a rapport à l’objet total, qui est
la Soie, il sera en etat de donner des Instructions,
soit par des Memoires, ou en parlant dans l’Assem-
blée des Communautés sur la qualité du Terrain
propre aux Pepinieres, sur Leur Entretien sur l’
age que l’arbre doit avoir pour etre transplanté,
sur les dimensions et œuvre du fossé pour le pla-
cer, le temps où il faut l’anter, l’espace de l’ante,
la maière de la taillier, celle de le travaillier au-
pres. Il doit donner des Plans uniformes des Bati-
ments Orientés convenablement à la nature du
ver, qui aime certaine air, et à qui certain autre est
nuisible. Il enseignerea quelle est la bonne |<9>
qualité de la Graine, la manière de la bien faire,
de l’eclore a propos par une chaleur moderée, le soin
de tenir proprement le ver, les regles de l’alimenter,
la Connoissance de le parfumer, l’adresse de l’elager,
et de lui appreter la Bruiere où il doit desposé le
Cocon son precieux travail ; Il fera part de toutes les
observations particulieres et utiles qu’on fait depuis
long temps au sujet des vers à Soie, et donnera
generallement les Instructions necessaires et re-
latives à cette partie, qu’on croit entendre, mais
dont on n’a pour la pluspart, que des Nations im-
parfaites dans les lieux même où ce talent est
le plus accredité.

Il est aisé de conclure le bien qui resultera pour
les Particuliers, et pour l’Etat d’un Etablissement
de cette Importance, qu’un Ministre Zelé pour
les uteiles progrès, soutiendra et favorisera. De la
les facultés et la Commodité des Sujets, l’abondan-
ce et la Circulation de l’espece, la facilité dans
la perception des Droits du Roi, la Vigueur et la
Splendeur de l’Etat de bonheur du Peuple, la gloi-
re et l’honneur du Ministere.

Les avantages de L’Etablissement des Pepinie-
res, etant clairement demontré en presume
que le Roi embrassera vivement ce projet, dont
les moiens sont si simples et si faciles, les opera-
tions si courtes et so peu dispendieuses : mais dans
le cas de retard ou d’obstacles, tout ce qui est dit
ici en faveur de cet Etablissement, conduit à |<10>
recommander les Pepinieres du Roi qui sont deja
etablies dans plusieurs Provinces du Roiaume dont
en avoit lieu de de promettre un très grand bien
mais que la Negligence et l’infiabilité à les ex-
ploiter : Le peu d’attention même que l’Etat dans
la Crise des temps, a pû faire à cet objet. ont lais-
sé sans succès.

La circonstance aujourd’hui est des plus favora-
bles, il presse et il importe qu’on travaille serieuse-
ment à ces precieuses Pepinieres negligées. Le
Retablissement en sera facile, et l’Entretien
constamment soutenû, si on confie la conduite et
le soin à un Inspecteur actif, et intelligent qui
ait à Cœur le bien de l’Etat. Un tel Sujet peut
etre consideré dans l’auteur de ce Mémoire et
repondroit si parfaitement à la Confiance qu’on
Lui donneroit en le chargeant de ce Emploi qui
promet e mettre en peu de temps toutes les Pepi-
nieres du Roi en Vigeur, et dans un Etat à en-
tiser les grands avantages qu’on s’est promis de
ces heureux Etablissements.

Quoique la Capacité et le Talent du Sujet pro-
posé ne soient pas equivoquents et puissent se termi-
ner en sa faveur, il desireroit edifier et convain-
cre par son Travail, et par des Operations fruc-
tueuses et promptes, dans lesquelles il demande
qu’on l’essaie et qu’on le reconnoisse.

Notes

  1. Aus Seidenfäden gedrehter Zwirn.